Images Singulières, la démophanie d’Ohanian
Le plus frappant, pour moi, dans la deuxième expo du CRAC de Sète, celle de Rajak Ohanian et de son « portrait d’une PME » ça a d’abord été l’accrochage. En pénétrant dans la grande salle on se sent encerclés mais à l’aise. Mélanie a dit « c’est bizarre, on sait pas à qui on doit aller dire bonjour en premier » et de fait, ils sont tous au même niveau dans leurs vêtements ordinaires, dans cette série de 32 portraits grandeur nature, les ouvriers, les administratifs et les patrons de l’usine. Ils ont été photographiés en pied (comme des rois !), en légère contre plongée (pour la prestance héroïque !) et sur fond de tissus chamarrés; Il faut dire que la PME en question fait dans le textile, c’est donc naturellement que le fond de commerce sert de fond à l’image. Ca ne m’est tout de suite venu en tête mais nous parlons bien ici de groupe, d’invidualité et de corps social, on pense à Sander ou à Fréger. Et plus personnellement je pense à ça : représenter le groupe / mon mémoire de 4ème année des Arts Déco! Mais le comble du sublime c’est quand même la dernière phrase du texte de Philippe Dujardin, qui accompagne l’expo : « est advenue, en sus, par ce truchement, comme une « démophanie » : l’apparaître, non d’hommes illustres, mais d’un « peuple » ordinaire et ordinairement caché ». J’aurais aimé la faire, cette série.<\p>
Images singulières, le CRAC – 1ère partie
(Nous en étions où mademoiselle N’Guyen ?!)
L’après midi (je vous passe les grillades de poisson en terrasse, un texte trop dur pour les pauvres petits parisiens) direction le CRAC (centre régional d’art contemporain de Sète) qui présentait le dernier boulot de Michael Ackerman, une série de portrait en entreprise « portrait d’une PME » de Rajak Ohanian et des vidéos de gens que je ne connais pas (et que je ne demande qu’à connaitre, mais, pas le temps !). Et pourquoi, pas le temps ?! tout simplement parce que je n’étais pas seule mais avec Mélanie. Mélanie, jeune étudiante en médecine qui prépare l’internat et qui m’offrait ce jour là son heure et demi de pause quotidienne, ni plus ni moins. Prise au dépourvue entre les prises de vue en noir et blanc granuleuse à souhait (je vous dirais qu’à première vue j’aurais pu dire que c’était du d’Agata… sacrilège ?!) et le manque de temps de mon invitée, je l’interroge du regard et là, ô miracle, n’est pas Mélanie qui veut, elle me dit : Read the rest of this entry »
Images singulières à Sète
Hier, j’ai menti. Evidemment, le Tibet mais le Tibet en général ça attend juin et dorénavant je crois que ça va se décaler à la dernière semaine de Mai. Pourquoi ? dernière quinzaine de Mai à Sète… ? non… ? C’est vrai qu’on ne se connait pas trop vous et moi mais j’ai dit « la biche est photographe ». Alors on écoute bien et on retient. Première quinzaine, Cannes (j’attends toujours les accrèèds… Quoi, vous avez pas vu mes courts métrages?!) et deuxième quinzaine… Tadaaam…
A Sete, du 13 au 30 mai c’est comme dirait le Monde « le nouvel événement photo qui compte » j’ai nommé: « images singulières ». Un festival de photo documentaire auxquels ouvrent leurs portes les lieux les plus improbables de la ville. J’avais entre aperçu la première édition l’année dernière, prévu d’y aller cette année et entendu une parisienne dans une soirée parisienne demander a une amie parisienne « tu vas a Sète toi fin mai?! ». J’ai failli m’en étouffer avec une tomate séchée et force fut pour moi de constater qu’on irait bientôt a Sete comme l’on part en Arles… En bon cultureux parisien qui accomplit sa besogne, et puis la province c’est tellement in! Read the rest of this entry »
Expo « Uncertain Age », Ensad – 11/09
Quelques photos de la précédente expo de ma série « uncertain age » à l’occasion du cinquantenaire du Ministère de la culture dans l’enceinte de l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs.
in « les coulisses du pouvoir » 2
Même les métronomes fatiguent
Aujourd’hui, je rentre à la maison. Non, à 8h55 ce n’était pas d’actualité. 8h57, coup de téléphone libérateur. 9h30, j’avais mon billet : arrivée 22h en gare de Sète !
Rien de très surprenant, oh non ! Depuis mes 14/15 ans, depuis qu’il faut jouer le jeu social, la fin de Mai rime en général avec Tibet. Période qui, d’une année sur l’autre reste inchangée et où le besoin d’un retour au source passe « d’important à nécessaire ».
Je pars donc. Je fais mes valises. J’emporte toute sorte de choses et, pour ce reset de milieu d’année je décide de faire un point, rapide, sur mes activités de « vidéaste ». Rien d’exploitable, oh, ça, j’en suis bien consciente… mais des pistes ! Deux micros films où avec un micro supplémentaire et Mathieu Amalric bon-ben-évidemment, c’aurait été mieux mais des pistes quand même… C’est fait pour ça non les carnets… Voila ce qu’elle est ma biche… ma mémoire, rien de moins… mon moleskine numérique !
Même les métronomes fatiguent
Patiente
in « Les coulisses du pouvoir »
« uncertain age » à Sète
Aujourd’hui j’ai reçu les cartons d’invitation de mon expo à la galerie de la librairie l’échappée belle à Sète! Ahhh la plastification mat… Pour ceux qui n’auraient pas eu l’info, le vernissage est le 4 juin à 18h30 au 7 de la rue Gambetta et j’y présente ma série de diplôme de fin d’étude des Arts Déco, « uncertain age ». 11 portraits de femme qui ont dépassé la cinquantaine.
Cette série photo est visible sur mon site web et le dossier de presse est téléchargeable ici !
Voici le texte qui accompagnera mon travail :
« Un matin, j’ai photographié ma mère. Je ne sais plus si au moment de la photo c’est la lumière enveloppante et froide ou le châle qui flottait sur ses épaules qui m’ont arrêté… sur l’image ce que j’ai aimé au delà du reste c’est la crispation des traits et l’intimité que suggère ce tombé du châle qui dévoile une partie de son décolleté. Elle, ce qu’elle y a vu, uniquement, ce qui surpassait le reste, c’est son âge. Elle a évoqué le flétrissement de la peau, les tâches de «vieillesse», les cernes… Par la suite j’ai rencontré d’autres femmes. Toutes dans la même tranche d’âge. Après 50 ans, et avant la vieillesse. Cet entre deux où les femmes ont un certain âge. Ni celui de la jeunesse, ni celui de l’enfantement. Un âge de transition et de transformation. Je les ai photographiées chez elle, toujours sur fond neutre pour les mettre à égalité, en leur demandant de dénuder au maximum leur décolleté. Elles ont choisi un grand col, un châle, ont abaissé leurs bretelles ou ont spontanément ôté leur t-shirt. Le tissu ainsi plissé faisait écho, en la dénudant, à cette peau qui fatalement se délite. Cette intimité créée par le processus se confondait avec celle qu’implique le portrait photographique. Qu’elles s’abandonnent face à l’appareil ou qu’elles gardent un air inquiet, qu’elles soient plus ou moins marquées, plus ou moins jeune dans leur âge incertain, c’est toujours le désir qui lutte sous le masque. »
le blog de la biche interdite
Alors bien sûr, là pour l’instant je ne sais pas à qui j’écris. Pourquoi, à peine. Et encore… La biche vous regarde et elle reste interdite. Dans son blog elle, je, vous raconte ce qu’elle voit, ce qu’elle veut, ce qui la sidère et ce qui la fait gambader. La biche est photographe, mais pas que. Elle dessine des sites web aussi et rêve de documentaire, de maisons de famille et de papier peint.
La biche cherche la clairière au milieu de la forêt et parfois, elle la trouve.







